Cet objet (qui n’est pas un sex-toy) pourrait bien changer vos règles

Cet objet (qui n’est pas un sex-toy) pourrait bien changer votre vie menstruelle

girl powerIl permet d’insérer sa coupe menstruelle « en moins de trois secondes ». S’inspirant des tampons hygiéniques, deux jeunes toulousains ont mis au point un étonnant applicateur pour « cup » qui agite déjà les réseaux sociaux
Hélène Ménal

Hélène Ménal

L'essentiel

  • Plus écolo et plus « safe », la coupe menstruelle voit son utilisation progresser de 6 % par an au détriment des serviettes et tampons hygiéniques.
  • Lola Perez, une Toulousaine de 25 ans, et son compagnon, ont décidé d’y ajouter un applicateur qui, comme pour les tampons, facilite et accélère son « insertion ».
  • Le concept rend déjà les réseaux sociaux hystériques et leur société My Better Period [mes meilleures règles] se lance ce dimanche sur la plateforme de financement participatif Ulule.

Lola Perez passera mercredi son ultime examen pour devenir avocate au barreau de Toulouse. Mais ce n’est pas de règles de droit qu’elle papote depuis des semaines sur TikTok ou Insta, cumulant des millions de vues avec ses tutos, son utérus en plastique translucide, et ce qui, à première vue, a tout l’air d’un sex-toy. Elle parle sans tabou de règles tout court, des siennes et de celles de toutes les femmes, dont elle compte bien alléger les inconvénients.

L’objet mou et coloré en question est en fait un applicateur pour coupe menstruelle, « en silicone médical » avec son « poussoir ». Sur le même principe que les applicateurs pour tampons hygiéniques, il permet d’insérer une cup « en moins de trois secondes » chrono, assure l’étudiante de 25 ans qui travaille avec acharnement sur le projet depuis plus d’un an avec son ami Anouar Bouiba. A lui les aspects techniques des moules, le démarchage des usines de fabrication, à elle les statuts de la société My Better Period – littéralement « mes meilleures règles » –, les vidéos sur les réseaux sociaux et le vécu indispensable à la crédibilité du produit. Car tout part « d’un petit problème personnel un peu gênant avec un tampon ». Lola a oublié de le retirer pendant plusieurs jours et n’y est plus parvenue quand elle s’en est aperçue. Direction le gynécologue qui lui explique qu’elle est à la limite du choc septique. « Pétrole, perturbateurs endocriniens… il m’a fait la liste de tous les produits toxiques contenus dans les serviettes ou les tampons ».

Plus de 12.000 serviettes hygiéniques dans une vie

Depuis cet incident flippant, Lola est devenue experte en décryptage des compositions – celles qu’il faut lire à la loupe quand on trouve la notice – et incollable sur les tampons et protection bio, plus « safe » mais pas forcément plus écolo. « Une femme va en utiliser 12.350 dans sa vie avant d’arriver à la ménopause, développe l’experte et tous les ans en France, on en jette l’équivalent de deux Titanic ». C’est sa meilleure amie qui l’a finalement convertie à la coupe menstruelle, lavable et qu’on « peut utiliser pendant cinq ans en moyenne ».

Lola Perez avec l'applicateur en silicone médical de son invention et la "cup" qui va avec.
Lola Perez avec l'applicateur en silicone médical de son invention et la "cup" qui va avec. - My Better Period

Convertie mais pas totalement convaincue. « Il m’arrivait de perdre cinq minutes pour l’insérer correctement », confie-t-elle. Sans compter qu’il faut la changer théoriquement toutes les six heures. L’étudiante pressée a donc naturellement pensé à un applicateur, avant de se rendre compte que ça n’existait pas. Ou pas encore. Depuis, deux Américaines ont eu la même idée qu’elle. Mais l’applicateur made in USA semble plus gros que le Toulousain. « Nous avons conçu le nôtre le plus petit possible pour qu’il s’adapte à toutes les cups et à toutes les morphologies », assure la future avocate.

La vague de commentaires enthousiastes qui accompagnent les démos de Lola sur les réseaux était déjà une indication de l’attente suscitée. Elle a été confirmée par une prévente privée lancée, sans y croire plus que ça, un dimanche matin. « On en a écoulé 300 en moins d’une heure », s’étonne encore Lola qui a fixé le prix public à 35 euros pour l’applicateur seul et à 50 euros pour le kit comprenant une cup.

L’étape ultime a lieu ce dimanche 5 novembre avec le lancement d’un financement participatif sur la plateforme Ulule. Si 700 à 800 applicateurs partent, cela permettra de rembourser les fameux moules et de lancer la production industrielle. Et d’être en pharmacie en 2024 quand la Sécurité sociale remboursera les protections périodiques réutilisables et coupes menstruelles aux jeunes filles de moins de 25 ans.