Jordan Bardella accusé « d’instrumentalisation politique » par le CRIF

Jordan Bardella accusé « d’instrumentalisation politique » par le CRIF avant son départ pour Israël

extrême droite et antisémitismeAlors que Jordan Bardella doit se rendre en Israël pour participer à une conférence sur l'antisémitisme, le président du CRIF Yonathan Arfi l'accuse « d'instrumentaliser » cette cause à des fins politiques
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Jordan Bardella et Yonathan Arfi, président du CRIF, s'accusent mutuellement d'instrumentaliser la lutte contre l'antisémitisme, alors que le RN est invité à une conférence en Israël sur ce sujet.
  • Yonathan Arfi rappelle la méfiance du CRIF envers le RN, déclarant : « Aujourd'hui, on sent bien que ce sujet est instrumentalisé pour mettre en scène un Rassemblement national nouveau dans une stratégie de conquête du pouvoir ».
  • Jordan Bardella réfute ces accusations, affirmant que le RN « n'est plus le Front national » et rappelant la rupture avec Jean-Marie Le Pen en 2015. Pourtant, des candidats RN investis dans les dernières législatives ont été épinglés pour des propos antisémites.

Jordan Bardella et Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se sont mutuellement accusés d’instrumentaliser à des fins politiques la lutte contre l’antisémitisme, alors que le président du Rassemblement national doit se rendre en Israël dans les prochains jours.

Jordan Bardella et sa collègue eurodéputée Marion Maréchal sont invités par le gouvernement israélien à participer à une conférence sur l’antisémitisme les 26 et 27 mars prochain, accompagné par d’autres représentants des partis d’extrême droite européens.

Le CRIF rappelle sa « méfiance » vis-à-vis du RN

Cette invitation est « le fait d’Israël » et « elle n’engage pas les institutions juives de France », a affirmé sur RMC Yonathan Arfi, en invoquant une « distance nécessaire et critique ».

Il a rappelé la « position historique des institutions juives de France » de « méfiance vis-à-vis du Rassemblement national », motivée par « des raisons historiques » et aussi parce que « face à l’antisémitisme, une mue peut s’opérer » de façon « discrète et complète ».

« Aujourd’hui, on sent bien que ce sujet est instrumentalisé pour mettre en scène un Rassemblement national nouveau dans une stratégie de conquête du pouvoir » mais la lutte contre l’antisémitisme « ne peut pas être instrumentalisée politiquement », a-t-il ajouté.

Une passe d’armes tendue

Jordan Bardella, qui lui succédait sur RMC, a estimé que « monsieur Arfi fait de la politique » et que ses propos « font fi de la réalité ». « Croyez-moi, il y a beaucoup de nos compatriotes de confession juive qui, en 2024 (lors des législatives, NDLR), ont porté leurs suffrages et leur confiance sur le Rassemblement national », a-t-il ajouté.

Se défendant de chercher « à instrumentaliser tel ou tel drame », le président du RN a assuré avoir « toujours été très clair sur les menaces qui visaient aujourd’hui la communauté juive de France ».

Le Rassemblement national « n’est plus le Front national », a-t-il martelé, estimant que la rupture entre en 2015 entre Marine Le Pen et son père Jean-Marie s’était produite « en très grande partie en raison de la question de l’antisémitisme ».

Notre dossier sur l'antisémitisme

Pourtant, aux dernières élections législatives, de nombreux candidats du Rassemblement national avaient été épinglés pour des propos ou des publications antisémites.